Au sommet de l'Afrique

Juin 30th, 2008

De retour de l'Afrique noir. Encore à suivre mon bon pote Severin après la Mongolie, la Chine et l'Argentine, nous voila de retour pour quelque chose d'au moins aussi fort que les 2 semaines de trek en Mongolie. Cette décision de suivre Séverin sur ce nouveau trip a été prise lors de notre précédent voyage ensemble... dans le bus en Salta et Mendoza.
Cette fois, l'objectif est simple: atteindre le sommet de l'Afrique, c'est-à-dire le Kilimanjaro.
Benoit (un des autres potes de la troupe mongole) s'est rapidement joint à nous et, à ma surprise, deux autres amis se sont rejoint à nous.

Plutôt que faire le chemin ultra pratiqué, nous avons décidé de prendre un chemin un peu moins couru à savoir le chemin Machamé.

Les deux premiers jours sont vraiment faciles. Petite balade qui pourraient, sans la nécessaire acclamation, condensée en une seule journée. La première journée commence dans la forêt pluviale et dans les nuages (que l'on dépasse heureusement rapidement).

Kilimanjaro: Premier jour
Kilimanjaro: Premier jour

Kilimanjaro: Deuxieme jour
Kilimanjaro: Deuxieme jour

Kilimanjaro: Deuxieme jour
Kilimanjaro: Deuxieme jour

Lors de la seconde journée, la végétation disparaît au fur et à mesure pour des plantes plus petites et quelques sortes de cactus endémique et le sommet commence à se dessiner au loin.

Le troisième jour commence à devenir plus fun tout en restant largement abordable. On monte lentement jusqu'à 4600 mètres jusqu'à la Lava Tower pour redescendre un peu plus bas le soir. Les guides se servent de cette journée pour jauger le mal de l'altitude de chacun. Heureusement pour nous, pas le moindre problème à part quelques mal de cranes. La journée se finit en face du Baranco Wall.

Kilimanjaro: Troisième jour, Ben et Cloé
Kilimanjaro: Troisième jour, Ben et Cloé

Kilimanjaro: Troisième jour, le camp site
Kilimanjaro: Troisième jour, le camp site

Je ne regrette pas les 230 euros de mon sac de couchage: les nuits sont font de plus en plus fraîches: Au réveil, nos tentes sont couverts de glaces. Fun!

Le Baranco Wall est un mur de 400 mètres de dénivelé à attaquer le matin du quatrième jour. Enfin le vif du sujet. On trace la route avec Séverin. Le coeur suit sans trop de problème même si il est nécessaire de faire attention au rythme cardiaque... Celui-ci montant bien plus rapidement à cause du manque d'oxygène.
Le 4 ème jour vise surtout à faciliter l'acclimatation et terminer au pied du sommet le soir à 4600 mètres. La journée est vraiment superbe. On ne perd pas de vue le Kibo vu que l'on tourne autour de lui. Cette journée bien chargée et long se termine par une bonne montée qui, avec l'altitude, casse bien les jambes les dernières 45 minutes.
Kilimanjaro: Le Kibo
Kilimanjaro: Le Kibo

Pour la dernière journée avant le sommet, c'est dans la tente et dans le sac de couchage vers 18/19 h pour une levée à 23 h 30 pour être près à partir vers minuit. C'est là que je suis content de pouvoir facilement m'endormir!
Je me réveille, je regarde ma montre, je lis 23 h 30. Je revérifie: il s'agit plutôt de 22 h 30. Trop tard, je suis tellement excité que je n'arriverais pas à me rendormir. Tant pis, je profite de ce calme avant la nuit d'activité intense qui se profile. Une heure de réflexion après, on se sort de la tente avec Benoît. Séverin, réveillé par notre activité, sort de son antre; on admire la voie lactée; tellement belle à cette altitude privée de lumière humaine.
Une remarque de Séverin contemplant ce paysage me fait penser Jeremy, amis qui s'est donné la mort il y a presque un an. Sa mémoire m'accompagnera pendant la montée.
Puis, d'autres lumières oranges, rouges et bleu s'allument: les autres randonneurs se préparent à monter.
Le reste de l'équipe arrive: c'est à notre tour. On commence. Rythme plus lent que les jours précédents mais constant car dicté par les jambes de Augustino, notre guide. En fils indienne, profitant de la lumière offerte par la frontale de Jean-Elie, j'alterne entre regarder les chaussures de Séverin et admirer le paysage éclairé par la lune.
Les pauses sont assez rares; environ une tous les trois-quart d'heure. On double une bonne partie des gens.
Plus on monte, plus on s'avance dans la nuit, plus la température diminue. On atteindra probablement le - 15°C.
Malgré l'équipement et l'effort, j'ai froid aux pieds et aux mains. Par contre, à part une petite nausée, je ne souffre ni de la fatigue ni du mal de l'altitude. Mon cerveau divague, je suis juste heureux. Je réalise juste que l'on a atteint le col qui indique la fin de la longue montée que lorsqu'un des guides me prend dans ses bras pour me congratuler.
On reste un peu sur le Stella Point; nos bouteilles sont gelées; on se réchauffe avec les thermos d'eau chaude que les guides ont apporté avec eux. On ne reste pas; il fait trop froid pour rester sur place.
On part donc faire les 300 mètres de dénivelés qu'il nous reste. Séverin, Benoît et moi nous séparons du reste du groupe. Notre guide principal nous suit; dopé par l'adrénaline et l'excitation on avale les kilomètres qu'il nous reste.
On distingue enfin le panneau en bois qui indique le sommet. Le soleil commence tous juste à éclairer l'horizon. On aura mis grosso modo 5 heures au lieu de 7-8 heures généralement prévu. On est tous au sommet, on partage tous ensemble ce moment. On fait les photos de rigueur rapidement. Malheureusement, personne n'a le courage de proposer de rester au sommet: on est congelé.

Kilimanjaro: le sommet
Kilimanjaro: le sommet

Kilimanjaro: le sommet
Kilimanjaro: le sommet

Kilimanjaro
Kilimanjaro

On reprend rapidement la route pour redescendre. Autant j'avais trouvé la montée facile, autant la descente a été pénible. La piste est bien verticale et il s'agit surtout de sable et de pierres. Difficile de garder l'équilibre, les jambes se faisant de plus en plus faibles. On arrive tous sans trop de casses en bas; juste quelques bleus pour certains. Il est 8 h 30. 8 heures que l'on marche; 1300 mètres de dénivelés; on a atteint 5895 mètres; personne ne réalise vraiment mais on est déjà à parler des prochains treks.
On s'endort tous dans nos tentes; il fait 25 °C dehors. Sacres amplitude thermique.

On reprend pour 2 heures de descente. On s'arrête dans une belle forêt. On reprend le chemin le lendemain pour juste quelques heures. On est tous ravi.

L'aventure de la montée ayant déjà été bien détaillée par Ben, je vous invite à lire la Fiche recette : Kilimanjaro au whisky ou le récit de l'apogée par Séverin
Pour résumer, après avoir lu pas mal de récits de la montée de ce volcan, je m'attendais à bien pire. Surtout que l'on a pas pris la route la plus simple... Une expérience à reproduire et à conseiller.

Argentine fin. Bresil debut.

Avril 8th, 2008

Apres une rapide apres midi a Foz do Iguacu hier au Bresil, nous avons passe la journee a Iguacu mais du cote Argentin. Demain, nous prenons l avion pour Sao Paulo et allons nous louer une voiture pour aller jusqu´a Rio...

Et voila trois superbes photos qui montrent la mauvaise ambiance entre nous.







(photos prise avec un retardateur prenant trois photos separees de trois secondes)

South America: Argentina

Avril 2nd, 2008

Un peu moins d`un an après le Perou, de retour en Amerique du sud... Mais Argentine cette fois.
Avec Gaetan, vieux pote emporté dans mon backpack, J´y retrouve mes trois compères de la Mongolie (meme si ce flemmard de Benoît nous laisse tomber avec la mauvaise excuse d´avoir déjà fait cette partie de l Amérique du sud!).

Apres deux jours a Buenos Aires, on prend l´avion pour Mendoza pour aller jusqu'à Salta au nord de l´Argentine (ou je suis actuellement).





Aborigènes: Un pardon tant attendu

Février 13th, 2008

Le nouveau gouvernement de Kevin Rudd vient de présenter ses excuses à la communauté australienne. Ce fut long (le précédent PM Horward s'y est toujours refusé). C'est un premier pas nécessaire sur le changement de relation avec les aborigènes mais je suis assez sceptique sur le court et moyen terme. L'état de la nation aborigène est dans un tel état qu'il faudra bien longtemps pour que ça évolue....

De mon point de vue, j'avais eu l'impression que la situation aborigène était un sujet un peu tabou, un mélange de culpabilité, indifférence et parfois de mépris.
Ceci dit, cette action est un grand pas... Surtout quand on connait les atrocités qu'ils ont pu subir.

Voila une batterie de lien sur le sujet:

The Age - Le texte complet de la déclaration de Kevin Rudd - en anglais

The Age - Critiques (agressives) à la déclaration - en anglais
The Age - Les réactions (émouvantes)
Libération - Pour les Aborigènes, c'est comme la chute du mur de Berlin
Le Monde - L'Australie demande "pardon" pour les souffrances infligées aux Aborigènes


La toujours excellente synthèse du courrier (je me permet de copier/coller pour éviter que le lien se perd... n'hésitez pas a me contacter en cas de probleme) :



Pour la première fois dans l'histoire du pays, le chef du gouvernement travailliste vient présenter ses excuses à la communauté aborigène. Un événement salué par tous, même si beaucoup attendent les actes concrets.

Joan Baker, aborigène Kamilaroi, arbore les drapeaux australien et aborigène, 13 février 2008
AFP

"Aujourd'hui, nous honorons les peuples indigènes de ce pays, la plus vieille culture de l'histoire humaine…" Ainsi commence le discours du nouveau Premier ministre travailliste, Kevin Rudd, à l'attention des Aborigènes. "Avec un texte de seulement 361 mots, relève The Sydney Morning Herald, le Parlement fédéral tentera aujourd'hui de guérir le mal de décennies de mauvais traitements infligés par l'Etat à tous les aborigènes australiens, et pas seulement à ceux qui, enfants, ont été enlevés de force à leurs familles."

Des milliers de gens, aborigènes et autres, étaient réunis à travers le pays, devant des écrans géants, pour assister en direct à cette session parlementaire historique. Devant le Parlement, témoigne le quotidien de Sydney, la pelouse est "aux couleurs des drapeaux aborigène et australien", puis, lorsque Kevin Rudd termine son discours, "c'est l'ovation debout ! Beaucoup pleurent, sourient ou semblent acquiescer".

Dans le quartier défavorisé de Redfern, reprend le journal, ils sont nombreux sous la pluie, réunis autour du maire de Sydney, Clover Moore, devant un écran placé sur le site des émeutes aborigènes de 2003. Après avoir écouté le chef du gouvernement, Clover Moore, en larmes, conclut : "Le Parlement de Canberra est loin des rues de Redfern, mais les excuses faites ce matin doivent résonner ici, dans nos cœurs et dans nos esprits."

"C'est une renaissance, convient l'acteur et présentateur de télévision aborigène Ernie Dingo, surtout de savoir que ce qui s'est passé durant les huit dernières décennies n'a pas été oublié." Pour Christine King, codirectrice de l'Alliance pour les générations volées (les enfants enlevés à leurs familles), citée elle aussi par le Sydney Morning Herald, ces excuses officielles marquent "le premier pas de ce qui sera un long voyage vers la guérison du peuple aborigène".

"Toutes les voix doivent être entendues, insiste-t-elle, toutes les douleurs doivent être écoutées, toute la peine partagée, c'est cela le chemin à suivre." "Ce n'est pas une question de brassards noirs ou de culpabilité, reprend Tom Calma, de la Commission pour la justice sociale des Aborigènes, mais de reconnaissance et d'enseignement du passé. Et, au final, le but est de trouver une place, lorsqu'on raconte notre histoire nationale, pour les générations volées."

Tout le monde n'est pas de cet avis. Le discours de Kevin Rudd a été boycotté par une poignée de députés, dont Denis Jensen, député libéral, qui déclare à The Australian que "demander pardon ne résoudra rien, ce n'est que du papier peint". Le journal note que John Howard était le seul ancien Premier ministre vivant à ne pas être présent pour "des excuses auxquelles il s'était opposé tout au long de ses onze années de pouvoir".

Où était-il donc, en ce moment historique ? "il faisait son jogging quotidien", ironise le quotidien, ajoutant qu'il était temps que l'Etat présente ses excuses et que "celles de Kevin Rudd, écrites de sa propre main, seront un des moments forts de son mandat" (qui commence à peine)."Il a mis la barre haut. Et il devra apprendre, comme d'autres avant lui, reprend le journal, que répondre aux attentes est le défi politique le plus difficile". "Le sens véritable de ces excuses est indéfinissable, poursuit le quotidien. Or, c'est précisément ce sens que le Premier ministre devra définir dans les années à venir."

Un argument qui est repris par l'ensemble de la presse, comme The Canberra Times qui souligne : "Plus tard, on remerciera peut être le gouvernement Rudd d'avoir enfin demandé pardon, mais il sera jugé davantage sur les actes que sur les mots." Le quotidien s'inquiète du fait que "personne ne sait ce que les travaillistes ont vraiment l'intention de faire pour les aborigènes".

The Daily Telegraph estime également que "les excuses ne sont pas la panacée". Et qu'en elles-mêmes elles "ne résoudront rien" pour ceux qui ont souffert. The Herald Sun estime, pour sa part, que "les gestes symboliques tiennent une place importante dans toutes les cultures. Mais ils ont tendance à s'estomper s'ils ne sont pas associés à des actes significatifs."

Le journal de Melbourne concède que ce qui vient d'avoir lieu est "l'un des moments symboliques et historiques les plus importants dans la vie de la nation", mais que cela n'aura servi à rien si Kevin Rudd ne s'engage pas clairement pour résoudre "le défi social le plus profond auquel notre pays doit faire face", à savoir "les conditions tiers-mondistes dans lesquelles vivent de nombreux Aborigènes".

"Il est temps, estime The Herald Sun, que l'Australie indigène et l'Australie non indigène fassent ensemble le dur travail nécessaire pour réduire les inégalités, en particulier dans les communautés éloignées. Le gouvernement doit montrer qu'il est enfin résolu à combattre la mortalité infantile et les violences faites aux enfants, tout en améliorant les opportunités en matière d'éducation et en œuvrant pour une indépendance économique."

Un programme que laisse espérer Kevin Rudd lorsqu'il parle, dans son discours, de "nouvelles solutions là où les anciennes approches ont échoué" et de "responsabilités mutuelles" : "Un avenir où tous les Australiens, quelle que soit leur origine, sont des partenaires égaux, avec des opportunités égales et un intérêt égal pour construire le prochain chapitre de l'histoire de ce formidable pays, l'Australie."

Marion Girault-Rime

Quant l'internaute pompe sa base de photo

Janvier 31st, 2008

Zèbre namibien
Bon, moi, ça me fait sourire et ça ne me dérange pas du tout, bien au contraire.
L'internaute a repris une photo de Namibie que j'avais envoyé il y a quelques années pour illustrer un article sur le réchauffement climatique :
http://www.linternaute.com/nature-animaux/environnement/dossier/bali/ensavoirplus.shtml
Sauf que ces arbres, on estime qu'ils sont morts entre 300 et 600 ans avant...